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 d’ADHEOS

 
Ce week-end en Autriche, le palais de l’impératrice Sissi a ouvert ses portes au «Regenbogen Ball», un bal unique au monde: à la fois très traditionnel et complètement gay et lesbien. Compte-rendu.

 
Imaginez une valse viennoise tout de ce qu’il y a de plus traditionnelle au sein du Hofburg, le prestigieux palais impérial et ancienne résidence de l’impératrice Sissi… durant laquelle ne danseraient presque que des couples gays et lesbiens. Imaginez un événement LGBT célébrant ces mêmes couples, en présence de nombreuses drag-queens, parrainé par le président de la République et où l’équivalent de Bernard Accoyer – le président du Parlement, et celui de François Barouin – le secrétaire d’Etat au Budget, figureraient parmi les convives. Ce n’est pas un rêve: c’est ce qui s’est produit samedi dernier, lors du bal Arc-en-ciel («Regenbogen Ball») de Vienne.
 
 
Protestations de l’extrême-droite
L’événement est déjà une tradition en soi. A Vienne, qui possède une forte tradition de bals (on en dénombre 300 chaque année!), le plus célèbre, le bal de l’Opéra, refuse encore de voir un couple d’hommes ou de femmes fouler son parquet. En réaction, des homos ont alors décidé d’organiser le leur. Pour cette 14e édition, sa mise en œuvre en revient à Hosi Wien, la principale association LGBT d’Autriche qui organise chaque année la gay pride, et les bénéfices lui reviennent également.
 
L’événement est donc désormais bien intégré dans la saison des bals viennois. Mais cette année, il a tout de même suscité des protestations de la part de l’extrême-droite. Car si jusqu’ici, les couples gays et lesbiens valsaient dans l’hôtel du château de Shönbrunn, pour la première fois, le bal queer se déplaçait en plein centre-ville, dans le très historique Hofburg, dont une partie est encore la résidence du président de la République. En faisant un discours lors de l’ouverture, samedi soir, la chef du groupe des Verts au Parlement européen, Ulrike Lunacek, a balayé la polémique d’un revers de main: «Vous êtes aujourd’hui au cœur des choses, vous devriez être ici depuis treize ans!», a-t-elle déclaré.

 
 
Costume ou smoking obligatoires
Samedi, 2.000 participants ont donc valsé jusqu’au bout de la nuit sur les notes d’un véritable orchestre classique. Outre la salle principale réservée à cette danse, toute une partie du château – y compris une partie des salons privés prêtés pour l’occasion par Heinz Fischer, le président social-démocrate – était ouverte à d’autres musiques, et redécorée par le scénographe et costumier Christof Cremer. Ce dernier avait aussi dessiné la splendide robe, dotée d’une traîne de cinq mètres, de Lucy McEvil, la trans qui animait la soirée. «Ce soir, personne ne devrait s’excuser d’être hétérosexuel!», a-t-elle déclaré devant l’auditoire, en clin d’œil à ceux qui ne viennent pas de la communauté LGBT.
 
Emu et ravi, le président de Hosi Wien, Christian Högl (photo ci-dessus, au centre) s’est dit pleinement satisfait du succès de cette première édition dans le château impérial. Son moment préféré de la soirée? Lorsque, lors de la cérémonie d’ouverture, la chanteuse lyrique Sophie Marilley a entonné Somewhere Over The Rainbow. «A ce moment-là, j’ai perdu un petit peu les pédales et je me suis mis à pleurer.» Il reste également marqué par l’apparition surprise (pour le public) de la chanteuse Katrina, qui a chauffé la salle à blanc en entonnant dans la salle principale du bal son tube de 1985, I’m Walking On Sunshine.

 
 
Alors, pourra-t-on valser à nouveau, entre hommes et entre femmes, l’an prochain au Hofburg?
«Absolument, dit Christian Högl, ça ne fait aucun doute.» Rendez-vous donc à Vienne, le 2 février 2012. Attention toutefois à ne pas oublier votre parure de bal: pour les hommes comme pour les femmes, le costume ou le smoking sont imposés… à moins que vous ne préfériez mettre votre plus belle robe.