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 d’ADHEOS

Des paroles explicitement homophobes, un rappeur pris pour cible et une industrie qui en tire profit : alors que Scared of the P*ssy de BabyDrill accumule les écoutes, la normalisation de la murder music inquiète la communauté LGBTQIA+. En France, une autre affaire refait surface avec Gwadada d’Scared of the P*ssy, que l’association STOP homophobie entend faire interdire.

Un succès construit sur la controverse

En huit semaines, le morceau de BabyDrill, affilié aux 4L, a dépassé les 2 millions de vues sur YouTube et figure parmi les titres les plus écoutés sur Spotify et Shazam. Sur TikTok, des milliers d’utilisateurs dansent sur ce son, souvent sans réaliser qu’il s’attaque directement au rappeur 24LeftEye, victime d’un harcèlement massif.

Le 31 décembre, après la diffusion d’une sextape révélant son orientation sexuelle, 24LeftEye a tenté de mettre fin à ses jours. Son propre gang, les 5L Bloods, l’a renié. Pendant ce temps, BabyDrill a vu sa notoriété grimper, porté par la viralité de son morceau et l’adhésion d’une partie de son public.

Le refrain très cru contient des paroles explicitement homophobes, dont voici une traduction :

À vrai dire, cette garce est un pédé
C’est une salope de négro avec un Glock, il a mis des godes dans son cul (oh, il a peur de la chatte)
Il préfère coucher avec une trans (oh, il a peur de la chatte)
Putain, j’ai l’air d’être en train de me mesurer à un bandit du cul ? (Putain ?)

Certains passages encouragent même au suicide :

J’allais tuer cette garce, mais je vais la laisser se suicider (merde)

L’industrie musicale, complice silencieuse ?

Alors que certaines plateformes retirent les contenus incitant à la haine, Spotify et Shazam continuent de diffuser Scared of the P*ssy, lui assurant une visibilité et des revenus.

Une situation qui rappelle un autre scandale en France : Gwadada d’Admiral T, dont le nom d’état-civil, Christy Campbell, a même été donné à une école entre-temps, est dénoncé depuis des années pour ses paroles homophobes, assimilant l’homosexualité à des fléaux sociaux tels que le chômage ou la criminalité.

En Guadeloupe, maintenant il y a beaucoup de pédés
Plein de jeunes sont pédés
Parce qu’il y a de l’argent à se faire dans la prostitution masculine

STOP homophobie exige le retrait de Gwadada

L’association, représentée par son avocat, a saisi la SACEM pour demander le retrait du morceau de son répertoire en ligne. Elle dénonce des paroles stigmatisantes et envisage des poursuites pour complicité d’injure homophobe si aucune mesure n’est prise.

En parallèle, une pétition lancée sur All-Out réclame qu’Universal Music Group retire Gwadada de son catalogue. Elle a déjà réuni plus de 10 500 signatures.

Un climat préoccupant

Alors que les agressions anti-LGBTQIA+ se multiplient, ces succès musicaux posent une question cruciale : jusqu’où l’industrie musicale peut-elle aller dans la diffusion de discours discriminatoires ?

Tant que rien ne change, la violence continue de s’écouter, se danser et se monétiser. Jusqu’à quand ?

Source : stophomophobie.com